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Les
communautés indiennes sont les premières victimes du PROCEDE
(Programme de Certification des Droits des ‘Ejidos’ et terrains
sur lesquels les maisons sont construites). L’autorité utilise
dans la plupart des cas la force, l’intimidation ou la naïveté
d’une population qui ne parle pas bien espagnol pour faire appliquer
cette loi à but mercantile. Un fossé de plus creusé
entre deux populations aux différences de plus en plus cinglantes.
En 1998, l’ALENA fait ses premiers pas, créant une zone de
libre échange allant du Canada au Mexique, en passant incontournablement
par les Etats-Unis. Initiée par ces derniers, l’accord signe
officiellement une intégration régionale économique,
mais cache des inégalités, et de lourdes injustices envers
les populations les plus pauvres et les moins préparées
à la concurrence sauvage que se livrent les multinationales sur
des terres aussi fructueuses que celles du Chiapas.
En 1998, pour favoriser la création de cette zone d’injustice,
la Banque Mondiale à la suite des négociation de l’ALENA,
demande au Mexique la réforme de l’article 27 de sa constitution
donnant naissance à une nouvelle loi agraire.
Cette loi signe la fin de la répartition agraire qui avait commencé
en 1910. Elle permet la vente, la location, la mise en hypothèque
des ejidos et terres communales qui étaient jusque là protégées.
Elle incite par ce biais les paysans et communautés à entrer
dans un système mercantile, leur donnant la possibilité
attrayante de s’associer à des entreprises exploitantes ou
à des banques intéressées par les précieuses
terres riches en ressources naturelles.
Le PROCEDE est lancé le 5 janvier 1993 posant ainsi une forte opposition
à la demande zapatiste centrée autour du droit à
la Terre. Le processus de privatisation des terres devait prendre fin
en 2006. Mais il existe des retards dans trois états du Mexique.
Les montagnes alentours de Mexico DF, l’Etat de Oaxaca et le Chiapas
où le PROCEDE a une avancée de 52%.
Les Etats de Oaxaca et Chiapas représentent une forte population
indigène. Pour ces peuples, la terre est au centre de la culture
et des traditions. Un partage égal des terres, l’appartenance
de la Terre à la communauté est une valeur primordiale à
une vie harmonieuse, dans le respect de traditions ancestrales.
Au Chiapas où déjà des mouvements de résistances
sont formés depuis 1994, la réforme est vécue comme
une atteinte à la « Terre mère ». En résumé,
la terre n’est pas une marchandise ou un bien comme un autre. Contraire
aux traditions d’une grande partie des habitants exploitants des
terres communales, la réforme n’a donc aucun lieu d’être
et reste inacceptable.
Afin de contrer ces résistances, le gouvernement mexicain fait
appel à des délégations très formelles. Rarement
seuls pour effectuer leurs campagnes, les représentants du gouvernement
se déplacent de communauté en communauté proposant
aux habitants de signer un document leur concédant la propriété
privée d’une partie de la terre communale en échange
de fausses promesses de crédits ou de construction d’hôpitaux
et d’écoles qui ne voient jamais le jour. D’autre part,
cette population qui possède son propre langage est confrontée
à la difficulté de compréhension des documents que
les membres du gouvernement leur soumettent uniquement en espagnol. Quand
les habitants refusent de signer malgré les propositions alléchantes
d’avantages et de propriétés privées, certaines
délégations ont exercé une pression par la violence
ou la menace.
Les quelques habitants ayant accepté la privatisation d’une
parcelle se trouvent donc propriétaire d’une terre qui était
gérée auparavant par leur communauté. Cette situation
peut contribuer à créer de graves conflits à l’intérieur
même des communautés. Effet recherché par les délégations
gouvernementales fortement appuyées par l’armée toujours
présente au Chiapas.
Nous avons recueilli le témoignage d’un observateur international
travaillant pour le centre des droits de l’homme de San Cristobal
de las Casas (Chiapas) : la Fray Bartolomé.
« Des agents secrets de l’Etat faisant partie des délégations
du PROCEDE ont participé sans y avoir été invité
à des réunions rassemblant des membres de communautés
et des acteurs du centre de la Fray Bartolomé. Ces réunions
avaient pour but de recueillir des témoignages attestant de la
brutalité des délégations et des moyens illégaux
employés pour faire signer les documents de privatisation. Ces
personnes indigènes ont subit à la suite de ces réunions
des pressions encore plus fortes… Nous avons découvert par
la suite que de nombreux membres de délégations s’introduisaient
dans nos réunions sous une identité indigène. »
La mise en place de programmes comme le PROCEDE et le PROCECOM, s’effectue,
dans la majorité des cas, grâce à des actes illégaux,
comme des tromperies, des manipulations et même des chantages lorsque
l’on conditionne l’obtention d’œuvres sociales,
de services et d’autres programmes gouvernementaux, ainsi qu’en
commettant une série d’irrégularités. Ceci
dénote l’existence d’une politique d’Etat qui
viole des lois en vigueur comme la Loi Agraire, le Code Civil, le Droit
coutumier autochtone, la même Constitution Politique du Mexique
et une série de Traités Internationaux en matière
de Droits Humains signés par l’Etat mexicain.
Voir aussi :
SIPAZ
: "La Terre ne se vend, elle se travaille et elle se défend"
"Antes
Tierra y Libertad, hoy territorio y gobierno"
Bases de soutien
zapatistes menacées de déplacement à “Choles
de Tumbala”
Des paysans
indigènes des terres communales récupérées
affrontent les menaces du gouvernement, deux mois après une attaque
violente contre leur communauté.
Par La Otra Jovel
l’Autre Mexique
Avec la modification
de l’article 27 de la constitution par les gouvernements néolibéraux,
les peupes originaires de ces terres ont été condamnés
à disparaître. En 2001, la Chambre des Députés,
le Sénat et le Tribunal Suprême de la Nation refusèrent
de reconnaître les Accords de San Andres et ne laissèrent
d’autre alternative aux peuples indigènes que d’exercer
leur autonomie et leurs droits collectifs de peuples indigènes,
notamment leur droit à la terre et au territoire, par la voie de
fait : la récupérations des terres qu’ils travaillent
historiquement en collectivité et qui représentent l’assise
de la culture maya aujourd’hui.
Dans sa lutte légitime
pour la terre et face à l’obstination des autorités
de la réforme agraire, les bases de soutien du EZLN ont récupérés
les terrains de « Choles de Tumbala » de la Municipalité
Autonome du Travail, Caracole V, Roberto Barrios, en septembre 1999. Le
compagnon Gregorio Alvaro Cruz fut détenu en 2005 avec une fausse
accusation de vol de bétail, d’usurpation et d’enlèvement,
pour vouloir défendre les droits à la terre de son peuple.
Le 3 août 2006, 11 familles des bases de soutien qui vivaient dans
cette localité depuis 7 ans furent expulsées en force par
la police fédérale, la police municipale et un groupe d’individus
en civil. Leurs maisons ainsi que leurs vergers et animaux de basse cours
furent détruits au cours de l’expulsion et les familles furent
déplacées. En octobre 2006 les terres furent à nouveau
récupérées par les bases de soutien du EZLN. Des
lors, ces compagnons ont été harcelés et menacés
d’un nouvelle expulsion violente comme le montre la présence
de la Police de secteur, le survol d’hélicoptères
et la pression des éleveurs locaux.
Nous de L’Autre
Campagne observons avec inquiétude cette situation qui peut conduire
à une recrudescence du conflit politique actuel dans cette localité
et dans le pays. Nous de L’Autre Campagne répétons
que si l’on agresse un de nos compagnons, nous nous sentons tous
agressés. Nous rendons responsable le gouvernement de l’état
et de la fédération de l’harcèlement de nos
compagnons des bases de soutien du EZLN de « Choles de Tumbala »
et de toute agression qu’ils pourraient endurer. Nous exigeons le
respect de l’autonomie indigène dans le cadre des Municipalités
Autonomes et des Conseils de Bon Gouvernement zapatistes de l’état
de Chiapas et de son droit légitime à la terre et au territoire.
Nous lançons
un appel à la solidarité nationale et internationale pour
détenir l’expulsion imminente de nos compagnons et de nos
compagnes zapatistes. Nous vous demandons de faire circuler cette Action
Urgente à travers les réseaux solidaires et d’adresser
des lettres de protestation aux autorités suivantes en mettant
en relief l’enjeu de la dignité et de la solidarité.
Lic. Vicente Fox Quesada
Presidente Constitucional de Mexico
Residencia Oficial de los Pinos – Casa Miguel Aleman Col. San Miguel
Chapultepec 11850Distrito Federal – México – Téléphone:
(+52) 55 50911100 Fax: (+52) 55 52772376
Email: vicente.fox.quesada@presidencia.gob.mx
Lic. Carlos M. Abascal
Carranza
Secretario de Gobernación
Bucareli No. 99 1er. Piso Col. Juárez México D.F. Mexico
Tel: (+52) 55 51280000, Fax: (+52) 55 50933414 e-mail:
cabascal@segob.gob.mx
Lic. Pablo Salazar
Mendiguchía
Gobernador Constitucional del Estado de Chiapas
Palacio de Gobierno, 1er Piso, C.P. 29000 Tuxtla Gutiérrez, Chiapas,
MEXICO.
Standard +52 (961) 6129047, 6129048, 6121093, 6123352 y 6120528 (demander
la tonalité du fax) Email: secpart@prodigy.net.mx
Nous appelons à
la solidarité avec les familles des bases de soutien qui ont été
déplacées en apportant des provisions (mais, haricot, sucre,
riz, huile, sel), des ustensiles de cuisine et des outils dans les centres
de donation suivants :
* La Escuela del
Cacao. Calle 1 de marzo # 32.
Barrio de La Merced. San Cristóbal de Las Casas.
* Fac. Ciencias Sociales, UNACH ( lundi 16 octobre )
Alvaro Obregón s/n. Col. Revolución. San Cristóbal
de Las Casas.
De 9:00 a 14:00 hrs.
De 18: a 20:00 hrs.
NOTES
(1) Un ejido désigne,
au Mexique, une propriété collective attribuée à
un groupe de paysans (particulièrement aux Indiens), leur permettant
de planter ce qui est nécessaire à leur survie. les ejidos
s’opposent aux haciendas et autres latifundios..
Par So, Espoir
Chiapas |
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