Un enjeu au Chiapas        
               

Le Chiapas, qui devient lui-même de plus en plus un pole d'émigration vers le Nord, est le principal point de passage de ces migrants sans-papiers.

La majorité passent à l'Ouest, dans la région du Soconusco, qui passe pour la plus riche du Chiapas. Dotée de terres fertiles et de la ville la plus importante de la frontière Sud – Tapachula –, le Soconusco absorbe traditionnellement une main d'oeuvre agricole importante. Toutefois, depuis les années 1990, la chute des prix agricoles (café, banane, cacao, canne à sucre), les limites de l'économie de plantation et les grands projets affectant la région (ALENA, Plan Puebla-Panama) ont provoqué une situation de crise et d'instabilité ; la capacité d'absorption de la région s'en est trouvée réduite, et son rôle de zone de transit renforcée. Les cohortes désordonnées de clandestins qui franchissent chaque jour la frontière se retrouvent dans une situation extrêmement précaire ; partis avec rien ou si peu, ils doivent faire face aux agressions, aux humiliations et aux contrôles. Les violations des droits de l'homme ont augmenté parallèlement au nombre d'arrestations et d'expulsions.

Face à toutes ces menaces, les migrants clandestins sont démunis. Outre les centres des droits de l'homme, plusieurs auberges les accueillent, et leur offrent le gîte et le couvert pour un repos de quelques jours. Selon les dons dont elles bénéficient, elles disposent parfois de médicaments et de quelques vêtements.

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